Gilles Barbier
Six short stories of the Dice Man
20.01.2012 — 03.03.2012

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« Aaaaah, ce problème de la solubilité de la BD dans l'art ! Il est trop tard… L'art est un ogre insatiable, et il a déjà avalé la BD au petits oignons, comme il avait avant cela englouti la gravure, la photographie, la vidéo, l'affiche, le design, l'architecture, la publicité, le spectacle, l'informatique… Les artistes qui ont pratiqué cette grande dévoration sont légion.

Je me souviens m'être ennuyé ferme avec la peinture et avec cette satanée “picturalité”. J'ai claqué cette porte pour aller me ressourcer auprès des techniques de l'illustration, auprès de l’image-temps, auprès de la spécificité syntaxique de la BD et de son vocabulaire, de son potentiel… ça ne remet pas pour autant en cause la peinture ! Bien au contraire. Et cela m'a permis de mettre en place un champ d'expérimentation dont je suis loin d'avoir épuisé la puissance.

Je n'ai personnellement aucun mal à me mouvoir entre ces deux bestiaux (l’« art » et la B.D.), je connais Winshluss et lui non plus n'en fait pas une maladie. Il saute joyeusement de la BD à la sculpture, du dessin “hors case” au cinéma ! Et tout va bien… »*

Les trois premiers épisodes des « Six Short Stories of the Dice Man » que nous dévoilons ici, après leur présentation à la Biennale de Montréal**, narrent sous forme de bandes dessinées silencieuses les aventures du Dice Man, ou « homme-dé », un clone de l’artiste dont le corps a la forme d’un dé. Chacune de ses chutes, idiote, absurde, « gaguesque », permet d’obtenir un numéro compris entre un et six en fonction de la face sur laquelle il tombe.

Ces courtes histoires réalisées à la gouache et au blanco sur calque polyester sont en relation directe avec l’installation intitulée «The Game of Life» exposée au Centre Georges Pompidou au printemps dernier et aujourd’hui en dépôt au [mac] (Musée d’Art Contemporain) de Marseille.
Cette «sculpture» est un gigantesque jeu/dispositif dont le titre reprend le nom donné au plus connu des automates cellulaires. Cette référence explicite ouvre grand le champ conceptuel que le dispositif de cette pièce explore. En effet, on pourrait la décrire comme une machine –voire un logiciel – dont la fonction première consisterait à fournir, en théorie, un nombre infini de versions pour l’ensemble des oeuvres produites par l’artiste depuis le début de sa carrière en 1992. En d’autres mots, ce dispositif remet en jeu l’ensemble du travail de Gilles Barbier, en mettant en interaction un damier, des clones-pions, et un homme-dé, qui par ses chutes indique quel pion doit jouer.
Elles sont aussi un hommage de l’artiste à Moebius – par le traitement et le goût pour les grands espaces silencieux -, auteur dont il s’avoue un inconditionnel, au point de mettre en place un Garage Hermétique (du nom d’un des albums les plus célèbres de Moebius) de 2001 à 2007 au sein de l’association marseillaise Astérides. Ces soirées avaient pour vocation d’instaurer et alimenter un dialogue entre l’artiste, son œuvre et un public averti.

On le voit, pour Gilles Barbier, la B.D. est une affaire sérieuse, même si elle demeure une activité réjouissante !

*extrait d’un article rédigé par l’artiste pour le blogue La Cité (décembre 2011) ** La Tentation du Hasard, 7ème Biennale de Montréal, Mai 2011, commissaire : Ian Wallace

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