Lucie Picandet
Idiose
04.11.2016 — 23.12.2016

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Idiose
N.f. issu du grec idios « particulier, propre à » et du suffixe –ose « formant des substantifs féminins désignant un processus de transformation » (ex : anamorphose, métamorphose, mitose, etc.).
Se dit d’une chose ou d’une pensée particularisée à l’extrême sous l’effet de l’instrumentalisation de ses médiateurs. « Dalle du Lad et Thomery sont deux projets distincts impulsés par le même désir d’instrumentaliser les médiateurs de la pensée de soi comme du monde afin de dépasser ce que nous pouvons en connaître.
Ainsi, dans le projet de mise en images des mots inventés du poème Dalle du Lad, la langue, au delà de son rôle de véhicule, devient-elle un « outil à penser », par exemple, de nouveaux types d’actions et modes d’être dans l’espace-temps. Dans Thomery, c’est la mémoire qui se trouve dépassée dans son rôle de véhicule de la pensée de soi. Dans la maison de mes grands parents maintenant disparue, mes yeux d’enfant se perdaient souvent dans les volutes, motifs, feuillages et autres attracteurs de pensée qui ornaient les meubles et les pièces, pour y déposer les questionnements abscons de mon esprit encore étranger à ce monde. J’ai recueilli ces formes tirées de photos d’archive et les ai articulées pour en faire des « outils à me penser moi-même ». Ces outils sont faits pour mesurer à tâtons l’épaisseur de ma conscience. Ils ouvrent et ferment, comme des valves, des voies d’accès à une mémoire et une connaissance de moi-même plus profonde. »
Lucie Picandet

JM ALBEROLA LE 0410201622H34
« Il existe sur la Terre un territoire qui ressemble à un geste très précis : il faut tout d’abord écarter les doigts de chaque main puis les joindre en les entrecroisant de manière à former un bloc. Celui-ci est un cerveau compact et multiple à la fois, puisque les dix directions des doigts avant leur réunion ont capturé des informations et que celles-ci sont maintenant en conversation et en connexion. Cette image est celle d’un travail à accomplir, pas à pas, et qu’elle soit étrange, inconnue, mécanique ou fluide, qu’elle soit cosmique ou terrestre, cette figure des deux mains réunies est une parole qui échappe et qui parle sa propre langue. Il faut l’apprendre (comme nous avons appris le MIRÓ, le TARKOVSKI ou le BORGES). Ce territoire complexe et limpide apparaît quelque fois dans sa forme labyrinthique pour nous aider au milieu des guerres et des ravages. Lucie Picandet a fait le geste qui ressemble à son territoire. »

Lucie Picandet a s uivi u ne formation en théologie, philosophie et esthétique du cinéma, complétée par un cursus à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris dans l’atelier de Jean-Michel Alberola. Diplômée en 2007, elle obtient également une mention Très Bien à son Master 2 de Philosophie à l’Université de Paris 8 (2010) qui l’amène à rédiger une thèse (2011-2016) liée à l’esthétique du cinéma. En parallèle, l’écriture occupe une place importante dans son travail : elle rédige des fictions inédites, en vers ou en prose, dont certaines sont le point initial de ses productions. Aujourd’hui, elle est aussi Attachée temporaire d’enseignement et de recherche en Esthétique du Cinéma à l’Université de Paris 8. Âgée de 33 ans, Lucie Picandet est la lauréate de la deuxième édition de la Bourse Révélations Emerige. C’est sa première exposition personnelle en Galerie.

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