Nouvelle approche perceptive du réel.

- – Pierre Restany (1960)

Depuis son ouverture en septembre 1990, la Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois s’est spécialisée dans la recherche et la proposition d’une sélection rigoureuse d’œuvres historiques du Nouveau Réalisme.

Le Nouveau Réalisme n’a jamais été un mouvement unifié par le style. Pour certains, il n’est qu’un regroupement circonstanciel d’artistes et son existence fut infiniment courte. Pour d’autres, il n’a même pas été un groupe mais une sorte de philosophie de l’art et son histoire se poursuit encore de nos jours. (…) De la même manière que se conjugue dans l’œuvre d’Yves Klein le goût du canular et l’aspiration au sublime, se croisent au sein du Nouveau Réalisme des expressions multiples et contradictoires qui traduisent, mieux que ne le ferait une ligne unique de pensée, la volonté farouche d’une génération d’artistes de tout repenser, de tout réinventer à l’aune des données nouvelles de leur époque. (…) Produits par des artistes dont l’alliance repose avant tout sur le désir de combattre les structures sclérosantes de leur temps et d’offrir une alternative aussi joyeuse que possible à l’académisme de l’expression soumise au métier – qu’il soit celui du peintre ou du sculpteur -, ces objets, ces œuvres, ces images n’ont agréé aucune définition globale, et ne sont captifs d’aucun dogme.

- – Catherine Francblin (1997)

Le jeudi 27 octobre 1960 fut signée la Déclaration constitutive du Nouveau Réalisme par Arman, Dufrêne, Hains, Klein, Tinguely, Villeglé et Restany réunis dans l’appartement d’Yves Klein. A ces artistes se sont ensuite ajoutés César, Christo, Gérard Deschamps, Martial Raysse, Mimmo Rotella, Niki de Saint Phalle et Daniel Spoerri. Bien qu’ayant eu une durée de vie très courte – certains comme Arman parlent d’une vingtaine de minutes, d’autres considèrent la mort prématurée d’Yves Klein en juin 1962 comme la fin du mouvement – son influence et son importance perdurent, comme en témoignent les nombreuses rétrospectives collectives et individuelles consacrées à ces artistes dans les plus grands musées nationaux.

Beaucoup plus qu’un ‘groupe’ et beaucoup mieux qu’un ‘style’, le Nouveau Réalisme européen apparaît maintenant comme une tendance ouverte.

- – Pierre Restany (1963)

Aujourd’hui, on considère que le Nouveau Réalisme comporte treize membres :
Arman
César
Christo
Gérard Deschamps
François Dufrêne
Raymond Hains
Yves Klein
Martial Raysse
Mimmo Rotella
Niki de Saint Phalle
Daniel Spoerri
Jean Tinguely
Jacques Villeglé

À ces artistes, la galerie trouve également intéressant de confronter le travail de Jean-Pierre Raynaud et Alain Jacquet.

Il ne faut pas avoir peur de le dire, le Nouveau Réalisme fut sur bien des points en avance sur le Pop Art, moins engoncé dans des affaires de style, moins attaché à la notion d’auteur, parfois plus audacieux dans la composition, mais surtout porteur d’un projet politique moins ambigu.

- – Nicolas Bourriaud (2005)

Outre la présentation permanente d’œuvres de ce mouvement à la galerie, Georges-Philippe et Nathalie Vallois ont régulièrement consacré de grandes expositions à divers membres du Nouveau Réalisme.

Ainsi, en septembre – octobre 1991, la galerie présente les Bétons (1970-1974) d’Arman. Ces œuvres n’ont été présentées qu’une seule fois auparavant par le M.A.M.V.P. (Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris) en 1976. Puis, en avril – mai 1995, la galerie montre les Accumulations Renault, réalisées par Arman lors de sa collaboration avec l’entreprise automobile entre 1967 et 1969. Ces oeuvres n'avaient jamais été montrées en galerie, elles ne furent exposées qu'en 1970 au Musée des Arts Décoratifs et au Stedelijk Museum d'Amsterdam. Pour la troisième exposition de l’artiste, la galerie présente en juin – juillet 2000 l’exposition Fragmentations où, dans une installation réalisée pour l’espace de la galerie, Arman renoue avec les « coupes » du début des années 60. En janvier 2006, la galerie décide de consacrer un hommage à l’artiste récemment décédé et présente l’exposition No Comment.

En janvier 2010, la première grande rétrospective en galerie de François Dufrêne est organisée, Sur les Dessous. Elle est accompagnée d'une publication préfacée par Aude Bodet.

Depuis 1999, la galerie représente l’un des membres du Nouveau Réalisme de façon permanente : Jacques Villeglé. Un programme de douze expositions accompagnées de catalogues édités par la galerie a été mis en place, reprenant les douze thèmes du Catalogue Raisonné de l’artiste. À ce jour, sept catégories ont été explorées : Mots, Images, Sans Lettre Sans Figure, Politiques, La Lettre Lacérée, les Petits Formats et la Peinture dans la Non Peinture. En juin 2014, nous présentons la série des Graffiti Politiques, exposition également accompagnée d’un catalogue préfacé par Alfred Pacquement et Agnès de Gouvion Saint-Cyr. En regard de ce travail sont présentés les Graffiti de Brassaï dont la démarche de déambulation et de collecte dans les rues de Paris était très similaire à celle de Jacques Villeglé. Nous réactivons également cette année le projet Pénélope, présenté sur notre stand de Bâle en 2012, projet de film expérimental en collaboration avec Raymond Hains et Jacques Villeglé, que nous présentons à la galerie.

Depuis 2011, nous représentons les successions de Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely. A l’instar du travail que nous réalisons avec Jacques Villeglé depuis quinze ans, la volonté de la galerie est de faire re-découvrir l’extrême diversité du travail de ces deux artistes à travers un cycle d’expositions qui exploreront les différentes séries dans leur travail de façon thématique et chronologique. Chaque exposition s’accompagnera d’un catalogue préfacé par une personnalité du monde de l’art à chaque fois décidée à participer à sa valorisation.

En 2012, la première monographie consacrée à Jean Tinguely, à l’occasion de notre exposition, met l’accent sur les méta-reliefs et méta-matics (entre 1955 et 1961), certains étant montrés pour la première fois depuis près de 50 ans. Cette période charnière dans le travail de l’artiste marque son installation à Paris et sa participation à l’exposition Bewogen Beweging au Stedeljik Museum d’Amsterdam ainsi qu’à l’exposition Rörelse i konsten au Moderna Museet de Stockholm. Bernard Blistène nous offre à cette occasion un magnifique texte intitulé « Jean Tinguely en reliefs ».

Pour Niki de Saint Phalle en 2013, l’exposition En joue ! est consacrée aux années durant lesquelles l’artiste passe des assemblages aux tirs (entre 1958 à 1964), retraçant ainsi cette période fulgurante mais décisive de son travail durant laquelle elle intègre le groupe des Nouveaux Réalistes. C’est aussi à l’occasion de l’exposition Feu à volonté à la galerie J, en présence notamment de Léo Castelli, Jasper Johns et Bob Rauschenberg, que sa carrière internationale est lancée. Le catalogue de l’exposition est préfacé par Catherine Francblin, auteur d’une biographie de l’artiste parue la même année chez Hazan, par Michelle Grabner, co-commissaire de la Biennale du Whitney 2014, et par le Dr Nobis, conservateur au Sprengel Museum. Fait exceptionnel, la galerie obtient une itinérance pour l’exposition de janvier à avril 2014 à la Stiftung Ahlers Pro Arte, une fondation privée d’Hanovre.

Enfin, la galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois représente désormais depuis 2014 la succession d’“Alain Jacquet”:http://www.galerie-vallois.com/artistes/alain-jacquet.html. Sa première exposition est en préparation pour 2015.

33 & 36, rue de Seine
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T.+33(0)1 46 34 61 07
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