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Joachim MOGARRA
"Paysages romantiques et autres histoires "
(5 Novembre - 11 Décembre 2004)
Au début des années quatre-vingt, Joachim Mogarra choisit son médium, la photographie, au détriment d’une pratique de la peinture proche de la Figuration libre, privilégiant ainsi une démarche d’économie de moyens et de raccourcis.
Dans sa série Images du Monde, réalisées de 1983 à 1985, il inaugure une forme singulière de l’encyclopédie illustrée du monde où toutes les images sont composées selon la même méthode : les images stéréotypées des sites ou monuments célèbres sont schématisées selon des rapports métonymiques ironiques et burlesques.
Le pittoresque se conjugue ainsi au trivial des éléments ordinaires qu’il utilise pour construire ses petites mises en scène éclairées artificiellement et photographiées en contre-plongée sur le sol de l’atelier. Un titre, une légende manuscrite viennent encore inscrire une distance vis-à-vis des icônes du tourisme international. Il s’agit de même avec l’histoire de l’art en fabriquant la série d’images parodiques des Chefs-d’œuvre, simples citations visuelles à partir d’objets du quotidien.
Dans la continuité des «mythologies individuelles » chères aux années soixante-dix, ces clichés dérisoires d’objets détournés, ces bricolages conceptuels à la limite de l’absurde, ces voyages dans un monde clos, acquièrent par leur pauvreté même un supplément d’âme qui laisse entrevoir la face cachée des images du monde contemporain, comme la fausseté de leur médiatisation.
Ainsi les petits travaux de Joachim Mogarra sont-ils, eux, imprimés en noir et blanc sur de la toile émulsionnée selon la même banalité que leur bricolage initial.
L’excessive simplicité du processus de conception et de réalisation employé leur confère pourtant, au-delà de leur humour corrosif, une surprenante et indéniable force plastique.
Michèle Blanchard
A l’occasion de sa nouvelle exposition personnelle, Joachim Mogarra présente une nouvelle série de grandes photographies en noir et blanc, les « Paysages Romantiques », et il renoue avec ses débuts en présentant trois nouvelles histoires en série dans l’esprit de « J’adore faire de la mobylette ».
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