Galerie VALLOIS

Alain BUBLEX


Alain BUBLEX

Chambre froide, bricolage, outils, machines
(22 septembre - 4 novembre 2006)




« Paradise Vendors, SA, avait pris la suite d’un ancien garage automobile au rez-de-chaussée obscur d’un immeuble commercial autrement inoccupé de Poydras Street. Les portes du garage étaient généralement ouvertes, et le passant pouvait donc se mettre plein les narines du parfum acidulé des hot-dogs brûlants et de la moutarde mêlé à l’âcre remugle de béton détrempé de lubrifiants et d’huiles de moteur depuis des années et des années. Ces effluves aussi puissants que composites intriguaient parfois ledit passant au point de lui faire fouiller les ténèbres de l’ancien garage, au-delà des portes ouvertes. Là, il pouvait découvrir une flottille de saucisses de taule montées sur des roues de bicyclette. Les véhicules ne payaient guère de mine. Beaucoup étaient gravement cabossés. Une francfort accidentée était même couchée sur le flanc, sa roue unique à l’horizontale au-dessus d’elle. »

John Kennedy Toole, La conjuration des imbéciles (A Confederacy of Dunces), 1980.

Entre le kiosque à hot-dogs et le garage, c’est bien d’une fonctionnalité double voire contradictoire que témoigne le lieu de la galerie selon Alain Bublex : un espace de résistance au cloisonnement et à l’identification. Quels sont ces lieux hors de tous les lieux et pourtant bien réels qui ouvrent la possibilité d’une spatialité insituable? Quel est ce temps en creux, suspendu entre deux moments balisés, où tout est, sans efficacité aucune, en permanence remis en question? À l’heure de la consommation excessive de temps, d’espace et d’énergie, la galerie envisagée comme un « contre-espace est pour l’artiste l’occasion d’inviter le spectateur à une itinérance désengagée, une découverte hasardeuse : celle d’un territoire intermédiaire tel qu’on peut le découvrir en voiture, perdu au milieu du paysage, et d’un temps entre parenthèses proche de celui que mettrait en évidence le trajet effectué dans un TGV sans fenêtre. Dès lors, cette exposition se découvre sous l’égide d’une promenade qui ne nous mènera nulle part précisément mais nous apprendra seulement, un appareil photo en bandoulière et une carte à la main, à mieux regarder le paysage. S’il y a un fil conducteur à cette délicate errance, ce serait donc celui d’une absence programmée d’objectif ou de résultat. Parvenir à ne jamais terminer le travail, tel semble être le challenge d’Alain Bublex qui, du coup, transforme toute œuvre en projet et illumine, grâce à leurs inachèvements respectifs, des objets, des lieux, des moments d’habitude oubliés faute d’éclairage. De la visite, on gardera ainsi le goût indéfinissable d’un troublant constat à chaque œuvre renouvelé : l’impossibilité qu’on éprouvera à se situer et, de fait, à saisir Alain Bublex, s’interrogeant sans cesse sur l’endroit où il se trouve et à quel moment on peut l’y rencontrer…

Anne-Valérie Gasc

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“ Paradise Vendors, Incorporated, was housed in what had formerly been an automobile repair shop, the dark ground floor of an otherwise unoccupied commercial building on Poydras Street. The garage doors were usually open, giving the passerby an acrid nostriful of boiling hot dogs and mustard and also of cement soaked over many years by automobile lubricants and motor oils that had dripped and drained from Harmons and Hupmobiles. The powerful stench of Paradise Vendors, Incorporated, sometimes led the overwhelmed and perplexed stroller to glance through the open door into the darkness of the garage. There his eye fell upon a fleet of large tin hot dogs mounted on bicycle tires. It was hardly an imposing vehicular collection. Several of the mobile hot dogs were badly dented. One crumpled frankfurter lay on its side, its one wheel horizontal above it, a traffic fatality.”

John Kennedy Toole, A Confederacy of Dunces, 1980.


According to the artist Alain Bublex, the space of a gallery exemplifies the dual, even contradictory, function of the hotdog stand and garage. It is a space that resists being compartmentalized and classified. What are these places out side of places, nonetheless very real, that open up the possibility of a site-specific spatiality? What are these empty periods of time, suspended between two marked out moments, where everything is permanently questioned? In this time of excessive consumption (of time, space and energy) the gallery, seen as a “counter site” , provides the artist with an opportunity to invite the viewer to roam free, on a perilous exploration: of a no man’s land that one discovers in a car when lost in the middle of nowhere; of a suspended time, which would be revealed by a journey undertaken in a windowless fast train. We discover the exhibition, under the guise of taking a walk leads nowhere in particular, but which teaches us (camera slung over our shoulder and map in hand) to properly observe the landscape. If there is a connective thread to all this meandering it would be the planned absence of an aim or end result. Managing to keep the work in a constant state of construction seems to be Alain Bublex’s particular “challenge”. He transforms each work into a project and as a result of their incompletion he highlights objects, places and forgotten moments that would otherwise be left in the dark. The visit leaves you with an indefinable aftertaste; the troubling observation that with each work Alain Bublex seems to slip further from one’s grasp. One wonders where he is to be found and at what moment we will stumble across him...

Anne-Valérie Gasc





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Vues de l'exposition "Chambre froide, bricolage, outils, machines", Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois, Paris, France
(22 septembre - 4 novembre 2006)



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La voiture Meunier-Béraud

2006
Technique mixte
170 x 394 x 132 cm
Édition unique en progression

Collection Frac Franche Comté



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2006
Maquettes de voitures inachevées sur socles laqués blanc



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Paysage 003 (avant)

2006
Épreuve chromogène laminée diasec sur aluminium
46 x 60 cm
Épreuve témoin 1/1

Collection Frac Picardie


Avec CD-Rom contenant l'image vectorielle, reproductible à l'infini: en nombre, en support et en dimension



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Paysage 004 (pendant)
2006
Épreuve chromogène laminée diasec sur aluminium
60 x 46 cm
Épreuve témoin 1/1

Collection Frac Picardie


Avec CD-Rom contenant l'image vectorielle, reproductible à l'infini: en nombre, en support et en dimension



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Paysage 005 (après)
2006
Épreuve chromogène laminée diasec sur aluminium
46 x 60 cm
Épreuve témoin 1/1

Collection Frac Picardie


Avec CD-Rom contenant l'image vectorielle, reproductible à l'infini: en nombre, en support et en dimension




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Paysage 006

2006
Épreuve chromogène laminée diasec sur aluminium
180 x 180 cm
Édition de 3



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Achetez de l'acier

2006
Épreuve chromogène laminée diasec sur aluminium
160 x 232 cm
Édition de 3



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Le kiosque Wet Stones

2006
Technique mixte
277 x 394 x 178 cm
Pièce unique