Galerie VALLOIS

Gilles BARBIER

Gilles Barbier

Project room : Banana Riders du 22 avril au 23 mai 2009




La banane est un élément récurent du vocabulaire de Gilles Barbier depuis le début des années 2000.
Non seulement elle évoque l’humour, la chute, le gag mais la banane est aussi pour l’artiste un des éléments qui entre en action dans la notion de glisse
(« La glisse est une activité et une pensée qui permet de survoler les contradictions et d’en lubrifier les écarts, de façon non pas à en faire des synthèses closes, mais d’en vivre les extrémités, les deux bouts, dans un espace indécomposable. » in Un Abézédaire dans le désordre, 2008, éditions du Regard).

Ainsi, en 2003, une banane de cire à moitié mangée était négligemment
« jetée » dans un coin de son exposition à la galerie, juste au-dessous d’un grand dessin intitulé L’Usine de vaseline onirique. Par la suite, les bananes se glissent dans ses sculptures (Paysage mental, Méga Maquette II, L’inconséquence des gestes, etc.) et dans ses dessins, jusqu’à s’attrouper dans deux grandes œuvres sur papier (Banana Riders et Banana Riders – The Way Back, 2006) préfigurant l’installation que nous présenterons dans le project room à partir du 21 avril.

Banana Riders est une charge de bananes (plus d’une centaine) dont on ne sait si elle est grotesque ou héroïque. A l’image d’un troupeau, les premiers fruits sont fringants, réunis en un groupe compact, et montés de cavaliers en redingotes et hauts-de-forme brandissant leurs oriflammes à la gloire des agents mouillants (cocamide MEA, cetylpyridinium chloride)… En fin de cavalcade, les bananes pourrissent, noircissent, jusqu’à n’être plus que des peaux mortes et molles. Cette guirlande de trois mètres de long se déployant - flottante - dans l’espace à hauteur des yeux est une prouesse technique (chacune des bananes est un moulage en résine peint à la main) et visuelle : en effet, sous un certain angle, le ruban se mue en un cercle où les vieilles bananes rejoignent la tête de la troupe.

Gilles Barbier exposera à partir du 21 avril dans « La Force de l’Art 02 » au Grand Palais (commissaires : Jean-Yves Jouannais, Didier Ottinger, Jean-Louis Froment) une installation monumentale d’œuvres sur papier inédites. A partir du 29 mai, l’exposition « Vraoum ! bande dessinée et art contemporain » à la Maison Rouge (commissaires : Pierre Sterckx et David Rosenberg), sera
l’occasion de montrer l’Hospice pour la première fois en France. Enfin, Gilles Barbier prépare actuellement une exposition personnelle qui ouvrira le 25 juin prochain à la Villa Arson (Nice).



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The banana has been a recurring element in Gilles Barbier’s vocabulary since the beginning of this decade.
In addition to its standard humorous connotations (the banana skin), for Barbier the banana is one of the elements that come into play in his notion of sliding ( “Sliding is an activity and a way of thinking that makes it possible to skirt contradictions and lubricate differences, not in order to produce closed syntheses, but so as to experience their extremities, the two ends, a space that cannot be broken down.” Un Abézédaire dans le désordre, 2008, Éditions du Regard).

Thus a half-eaten wax banana appeared to have been carelessly “chucked away” in a corner of his exhibition at the gallery in 2003, just above a big drawing entitled L’usine de vaseline onirique (Dream Vaseline Factory). Later, bananas began to slip into his sculptures (Paysage mental, Mega Maquette II, L’inconséquence des gestes, etc.) and drawings, even congregating in major works on paper such as Banana Riders and Banana Riders – The Way Back (2006), which prefigure the installation that we are presenting in the project room on 21 April.

Banana Riders is a charge by over a hundred bananas that could be deemed grotesque or heroic – it’s impossible to say. Like a herd, the first fruits are dashing, gathered in a compact group, mounted by figures in riding coats and top hats, brandishing their standards to the glory of moistening agents (cocamide MEA, cetylpyridinium chloride, etc.). At the back of the cavalcade, the bananas are rotting, going black, and some are no more than dead, soft skins. This three metre-long garland floating in space at eye level is a technical and visual feat (each of the bananas is a hand-painted resin casting). Seen from a certain angle, the ribbon becomes a circle, with the old bananas joining the head of the troupe.

Gilles Barbier is at La Force de l’Art 02 at the Grand Palais, Paris, from 21 April (curators: Jean-Yves Jouannais, Didier Ottinger, Jean-Louis Froment) with a monumental installation of previously unseen works on paper. Starting on 29 May, the exhibition Vraoum ! bande dessinée et art contemporain at La Maison Rouge (curators: Pierre Sterckx and David Rosenberg) will feature the first French presentation of L’Hospice. Finally, Gilles Barbier is currently preparing a solo exhibition at Villa Arson, Nice, to open on 25 June.




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Banana Riders
2009
polyuréthane, epoxy, méthacrylate, peinture à l’huile, métal
environ 80 x 350 x 150 cm
pièce unique