Pilar Albarracin
El origen del nuevo mundo
09.06.2012 — 28.07.2012

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Gustave Courbet a peint L’origine du monde comme une représentation universelle du désir. La topographie de l’érotique féminin s’élève vers le mont de Vénus avec un réalisme qu’aucun regard artistique n’avait capté auparavant. De l’admiration au scandale, regarder ce tableau était en soi (au même titre que le cacher)un acte considérable. […]

Pour la plupart des féministes, l’exposition de la génitalité féminine provoque rejet ou désir car elle renverse la norme de ce qui ne doit pas être vu. C’est la raison pour laquelle de nombreuses artistes ont multiplié les représentations du vagin et de la vulve afin de transgresser ou de transformer la société. L’oeuvre de Pilar Albarracín rompt cette triangulation des désirs en questionnant les culottes, ces objets intimes, quotidiens, qui occultent notre sexe, comme l’ont fait tant de tableaux-écrans de L’origine du monde. Avec la création d’une nouvelle origine, d’un nouveau monde, elle développe un éventail de conséquences subtiles. Remplir un espace de culottes perturbe et provoque un changement dans le regard. Les femmes qui parlent de leurs culottes rompent le silence imposé sur ce qu’elles ont de «plus intime», afin de resignifier ce qu’elles sont et de ce qu’elles ont porté. Leurs culottes, celles de chacune d’entre elles, ont une histoire sociale et individuelle. Elles s’affranchissent d’une sexualité imposée pour réclamer leur droit au recyclage, à la transformation en oeuvre. En s’élevant au niveau de l’Art et qui plus est en aspirant au sacré, les culottes-mandala définissent une nouvelle cosmologie dans laquelle la solitude des femmes et de leur corps ne serait plus douloureuse. Face au mystère d’une femme universelle, les culottes reflètent la diversité des femmes, de leurs corps, de leurs goûts, de leurs décisions. La circularité comme symbole s’oppose à la ligne entrouverte de la vulve. Les couleurs se rebellent contre la dichotomie des genres. Chaque forme, chaque choix d’une gamme chromatique évoque une expérience anonyme de désirs assouvis ou oubliés. La spirale sans fin de l’oeuvre El origen del nuevo mundo (L’origine du nouveau monde) ne se situe plus à la surface des choses mais dans la profondeur de l’infini.

La transition du quotidien au sacré, où le visible et l’invisible ne sont plus érotisés, bouleverse l’ordre entre l’élévation du regard et le sens du signifiant. Les mandalas synthétisent la nature de ce qui est observé et la multiplicité de ses parties. Ce n’est plus seulement la valeur de l’objet en lui-même qui émeut, mais les expériences sous-entendues et juxtaposées au fil du temps. Il a été nécessaire de classer, regrouper les culottes et créer les compositions justes.

Enfin, le fait qu’elles soient cousues met l’accent sur une autre revendication constante de Pilar Albarracín : les techniques de couture et de broderie comme technologies féminines.

d’après Assumpta Sabuco i Cantó

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