Jacques Villeglé
La Peinture dans la Non peinture – Affiches lacérées 1964 - 1993
29.10.2010 — 04.12.2010

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Pour la sixième exposition que nous consacrons au cycle du Lacéré Anonyme, nous nous plongeons cette année dans la Peinture dans la non peinture.
Si Mots (1999) et La Lettre Lacérée (2007) reflétaient la culture graphique et le goût de Villeglé pour l’écriture, si Images (2001) et Politiques (2005) nous faisaient traverser plus de cinquante ans d’histoire de la société française, Sans Lettre, sans Figure (2003) se montrait l’exposition la plus proche de la peinture abstraite au sens classique du terme. Pour autant, c’est avec la série des « affiches de peintres » que l’artiste Nouveau Réaliste règle véritablement ses comptes avec l’Histoire de l’Art.
Comme l’exprime très justement Bernard Blistène : « son oeuvre nous apparaît avant tout comme un fait plastique et comme l’affirmation qu’elle invente la peinture en la détruisant. Villeglé inscrit même son travail tel un commentaire subtil et souvent acerbe de cette instance mythique que représente la peinture. Il lui faut la continuer par d’autres subterfuges. Il lui faut bâtir ce que certains appellent « une esthétique du risque », mais une esthétique qui manifeste à tous égards son scepticisme quant à la domination d’un modèle sur un autre, quant à la suprématie d’un genre sur un autre, quant au prima de la peinture en tant que tel. »*
Ce à quoi l’artiste lui-même renchérit dans son texte « lorsque les peintres s’affichent » : « L’anartiste, Marcel Duchamp, « génie individuel » proposait à titre de readymade réciproque un Rembrandt comme planche à repasser, étant collectionneur de la non peinture du tout-venant. C’est par suite de plusieurs détournements que j’introduisis, cavalièrement, dans le circuit de la lacération, la peinture des individualistes de notre époque. Ces peintures détournées par l’imprimerie pour devenir affiches sont à nouveau dévoyées, une fois placardées, par la main lacératrice de l’anonyme, avant que je n’envoie dans les musées, les galeries et autres lieux culturels ces déchets d’affiches conçues par les peintres pour une exposition, pour la propagande d’un parti, pour la réclame de tel ou tel objet manufacturé (les professionnels rendent ainsi involontairement hommage au Marchand du Sel, est-ce une nymphe amie ?)»
La plupart des oeuvres sélectionnées pour cette exposition (entre 1964 et 1993) sont inédites en galerie et n’avaient été montrées précédemment qu’à l’occasion d’expositions muséales dont la remarquable rétrospective organisée par Sophie Duplaix au Centre
Pompidou en 2008.

*in Bernard Blistène, « La Peinture dans la non peinture : le dilemme de Jacques Villeglé », catalogue à paraître à l’occasion de l’exposition.

33 & 36, rue de Seine
75006 Paris – FR
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