Conversation with Adam Janes

D’où vient le titre de ton exposition ?

“Memory Song” est une expression que j’ai inventée pour décrire un certain type de chanson que les enfants chantent. Dans chaque couplet, on ajoute un objet spécifique pour ensuite les mémoriser dans l’ordre ou en ordre inverse. Les œuvres présentes dans cette exposition couvrent les quatre dernières années. “Memory Song” est une façon de me remémorer là où j’ai commencé et comment les choses se sont intégrées par la suite.

Cette exposition semble à la fois faire preuve de plus de maturité, tout en restant très influencée par l’enfance. Peux-tu nous en dire plus ?

Cela a sans doute un rapport avec la naissance de mon fils il y a deux ans. Il n’y a rien de plus désarmant que de devenir père.

Est-ce que le côté « performance » qu’on retrouve dans ton travail est dû à l’influence de la scène et de l’esprit californiens ? Quel rôle jouent Los Angeles et la Californie dans ton travail ?

Le « Wild West » ! Je suis devenu moins intéressé par l’expression d’idées que par les processus. Exposer les processus, être transparent, c’est devenu important pour moi en tant qu’artiste. Bien que je ne me considère pas comme un « performer », je suis intéressé par l’idée du corps en mouvement. Nous digérons des choses. Nous ingérons des choses dans notre corps et elles se combinent avec d’autres pour ensuite sortir sous une forme nouvelle. « L’Ouest » américain en tant que région s’incarne dans beaucoup d’idées romantiques. L’idée de territoire inconnu me semble importante. L’aventure. L’esprit de la côte Ouest repose sur un certain pragmatisme. Il y a un côté très pragmatique dans le fait de laisser l’art prendre forme dans l’espace (de la galerie). Peut-être que la performance à laquelle tu fais référence est le processus d’observer l’artiste gérer les molécules qui ont des difficultés à rester immobiles. Les surprises qui adviennent dans notre propre pratique artistique sont les raisons qui nous poussent à poursuivre le travail. Voilà peut-être « l’esprit » auquel tu faisais référence.

Il y a également une œuvre très forte dans ton exposition qui s’intitule “It’s nice to see you again”, qui contient une forte référence aux Indiens d’Amérique, référence qui revient également dans “Lady Hawk the Movie” et “As above so below”. Est-ce que cette culture est importante dans ton travail, et pourquoi ?

Dans l’esprit du grand Ouest américain, il y a une forte connexion avec la nature. La terre, le ciel, l’esprit humain, l’inconnu. L’humanité est reléguée au second plan, derrière les flux des vagues et des cycles de la lune. Il est communément admis que les choses opèrent selon des cycles, bien au-delà du niveau des humains. La tâche qui incombe à l’humain est de l’accepter et de se laisser aller dans le flux d’énergie se trouvant autour de lui. J’ai été élevé au croisement de plusieurs religions. Mon père est presbytérien. Ma belle-mère est Quaker. Ma mère était impliquée dans un groupe spirituel qui s’appelle « la tribu des cerfs (deer tribe) » qui était basée à Los Angeles mais qui a ensuite été relocalisée en Arizona. J’ai été fortement influencé par ma participation à des rituels de la suerie et à la cérémonie annuelle qui s’appelle la « danse du soleil (sundance) ».

Pourquoi des branches d’arbre apparaissent-elles partout dans l’exposition ?

L’arbre, c’est la vie. Mon but est d’amener la vie dans la galerie.

36, rue de Seine
75006 Paris – FR
T.+33(0)1 46 34 61 07
F.+33(0)1 43 25 18 80
www.galerie-vallois.com
48.856079 2.3367323